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/Par Denis Kazanskiy, blogueur/
/Article paru sur lb.ua le 3 juin 2014/
/Traduit par Oksana Kantaruk Pierre/

Devant le bâtiment de l'administration régionale à Donetsk. Photo © Petr Shelomovskiy

Devant le bâtiment de l’administration régionale à Donetsk. Photo © Petr Shelomovskiy

L’expérience « République Populaire de Donetsk » est une initiation de la guerre en Ukraine commencée par les spécialistes en communication moscovites. Elle n’a pas commencé en 2014. Les tentatives de provoquer un conflit en Ukraine ont commencé il y a dix ans : la Russie s’est mise à investir dans un scénario de guerre dans un Etat voisin. Cette décennie a été marquée par une guerre de l’information contre l’Ukraine à laquelle notre pays ne répondait presque pas.

Il y a film allemand qui sappelle « LExpérience » et qui nest pas très récent : il a dû sortir en 2000. Une vingtaine de personnes décide de participer à une expérience et de passer deux semaines en prison. Deux groupes sont créés : les détenus et les gardiens. Il a fallu passer deux semaines en simaginant dans une prison allemande et toucher son salaire à la fin. Lexpérience a tourné à une véritable tragédie : avec des tortures et des morts.

La République de Donetsk est aussi une expérience sociale. Je suis sûr, que ce qui se passe actuellement dans l’est de l’Ukraine deviendra un sujet de recherche en sciences sociales d’ici peu de temps. Les jeunes scientifiques ukrainiens ne peuvent se plaindre du manque de sujets de recherche. La République Populaire de Donetsk est ce champ de sociologues, de politologues, de militaires, de spécialistes en communication. Un laboratoire du Kremlin.

Les expériences menées par les russes dans la région de Donetsk ne sont pas moins inhumaines que celles du fameux docteur Mengele. Devant le monde entier, les habitants de la région intègrent des rôles écrits bien avant cette guerre civile (l’opération antiterroriste ?).

L’expérience « République Populaire de Donetsk » est une initiation de la guerre en Ukraine commencée par les spécialistes en communication moscovites. Elle n’a pas commencé en 2014. Les tentatives de provoquer un conflit en Ukraine ont commencé il y a dix ans : la Russie s’est mise à investir dans un scénario de guerre dans un État voisin. Cette décennie a été marquée par une guerre de l’information contre l’Ukraine à laquelle notre pays ne répondait presque pas.

Pendant des années, le Kremlin a dépensé des millions de dollars pour approfondir la séparation dans la société ukrainienne. A partir de 2004 et jusqu’en 2014, la machine des médias publics russes a attaqué l’Ukraine. La population russophone était inondée par la propagande russe semant la haine et la violence.

L’argent russe a payé les maisons d’édition publiant des ouvrages sur la guerre civile à venir, la guerre civile entre l’est et l’ouest ukrainiens. La modélisation suivait un schéma simple : les ukrainiens de l’ouest se démarqueraient par les crimes de guerre tandis que les ukrainiens de l’est seraient des héros se battant pour la liberté.

L’expérience « République Populaire de Donetsk » est une initiation de la guerre en Ukraine commencée par les spécialistes en communication moscovites. Elle n’a pas commencé en 2014. Les tentatives de provoquer un conflit en Ukraine ont commencé il y a dix ans : la Russie s’est mise à investir dans un scénario de guerre dans un État voisin. Cette décennie a été marquée par une guerre de l’information contre l’Ukraine à laquelle notre pays ne répondait presque pas. Un simple exemple. En 2007, Gleb Bobrov, un écrivain haïssant tout ce qui est ukrainien, a publié une œuvre littéraire « L’époque des mort-nés » décrivant la guerre des habitants de Donbass contre le reste de l’Ukraine et les armées de l’OTAN.

En fait il serait plus judicieux de le définir comme un provocateur. Un critique russe a décrit ce livre comme de « la science-fiction pour l’instant », le mot-clé étant « pour l’instant ».

Georgiy Stavitskyi, un autre amateur de ce type de sujet, s’est également lancé dans l’aventure de l’écriture : le même sujet, les mêmes héros. Son livre est sorti en 2009, à l’époque de Iouchtchenko, un président peu aimé par Kremlin. Les commanditaires ont pensé qu’un seul livre ne suffirait pas. Un extrait du synopsis :

« L’année 2010. Après avoir provoqué des heurts, les nazis « oranges » initient une guerre civile en Ukraine. A l’aide des « pacificateurs » de l’OTAN, de l’aviation américaine, les « punisseurs » de l’ouest ukrainien avec le trident sur l’uniforme éliminent les populations russophones ».

Ainsi nous pouvons dire que ce scénario a été écrit il y a au moins cinq ans en Russie. Mais en 2010, ils n’en ont pas eu besoin.

Il y a eu aussi des films, des reportages, des articles dans les magazines, les journaux, sur Internet. Les dirigeants régionaux annonçaient l’arrivée du « Secteur Droit ». Tout cela a aidé à nourrir le terreau de l’hystérie et de la folie qui ont saisi les habitants de Donetsk et de Louhansk. Hier, ils étaient des citoyens respectueux de la loi, et aujourd’hui ils volent et détruisent des bâtiments administratifs. Hier, ils étaient de bons voisins, et aujourd’hui ils sont prêts à se tuer pour un mot. Un homme tenant le drapeau ukrainien risque sa vie. Une femme risque de se faire attaquer pour le passeport ukrainien tenu dans sa main par des hommes aveuglés par la haine.

Cela paraît absurde. Seulement après quelques mois de cette expérience, les gens normaux ont perdu leurs visages humains et se sont transformés en animaux comme les personnages du film allemand.

Donetsk est vide. Plus de voitures. Personne dans les rues. Les barricades. Les commerces sont fermés. Les usines sont arrêtées. Donetsk vit dans la peur en tremblant, craignant des explosions et des tirs. Les citadins restent chez eux ou essaient de quitter ce laboratoire d’expériences avec ses lapins victimes des stratèges en communication.

Ne voyant pas les nationalistes et les membres du Secteur Droit arriver, la haine et la violence se sont dirigées vers les voisins, les habitants russophones de la même région. Ne voyant pas de drapeaux rouges et noirs (ndt. le drapeau des nationalistes ukrainiens), les habitants de Donbass ont commencé à arracher les drapeaux ukrainiens. Ne voyant pas les « fascistes » arriver, ils ont commencé à tuer des gens pacifiques. Dmytro Tchernyavskyi, la première victime, était un étudiant de Donetsk ayant participé à une manifestation pro-ukrainienne. Viktor Rybak, député municpal de Horlovka, est la deuxième victime. Les deux sont originaires de la région, les deux sont russophones. Le feu du massacre a couté trop cher au Kremlin, il a fallu que quelqu’un soit mort, qu’un fasciste soit mort pour le plaisir de la foule affolée.

Le film « L’Expérience » a une fin moralisatrice. L’expérience des cruels « Sauron » russes durera jusqu’à ce qu’ils en aient assez ou jusqu’à ce que nous, nous ne voulions plus y participer.


Source: lb.ua

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