Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInShare on TumblrEmail this to someone
/Ecrit par Oksana Kantaruk Pierre et Mariana Prokopiuk/
/Crédits photo: Petr Shelomovskiy/
/Sources : Oukraïnska Pravda, Liga.net et The insider/

Le Maïdan Nézalejnosti (Place de l’Indépendance) est la place centrale de Kyiv. Traversée par la rue Khrechtchatyk, c’est une des principales places de la capitale de l’Ukraine. C’est aussi le lieu de rassemblement des manifestants lors de la Révolution Orange en 2004 et des manifestations de 2013/2014. La suspension d’un accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne par le gouvernement ukrainien a provoqué une vague de manifestations pro-européennes ou Euromaïdan qui durent jusqu’à aujourd’hui. Ci-dessous la chronologie d’Euromaïdan.


Chronologie d’Euromaïdan

26-29 novembre 2013 : sommet à Vilnius, le Président ukrainien refuse de signer l’Accord de l’Association avec l’Union Européenne après des années de négociations. Il reconnaît subir une pression forte de la Russie.

Les étudiants et les partis politiques de l’opposition parlementaire se mobilisent lors d’une manifestation pacifique pour protester contre la décision du gouvernement et du Président.

1401349_10151832372817898_196585963_o

Dans la nuit du 29 au 30 novembre 2013 : Berkout (la police anti-émeute) fait une tentative de nettoyer Maïdan en tabassant sauvagement les jeunes étudiants.

8 décembre 2013 : plus de 500000 personnes se mobilisent à Kiev pour dire « non » aux violences et exiger la démission du gouvernement.

1498770_10151856936122898_1526168067_o

Dans la nuit du 10 au 11 décembre : une deuxième tentative de Berkout de nettoyer Maïdan. Des milliers de personnes se lèvent la nuit pour protéger Maïdan réveillés par les cloches des églises et les klaxons des voitures. Les barricades sont érigées le lendemain. (Lisez le témoignage de la députée du parlement ukrainien Lesya Orobets)

Quelques fonctionnaires de la mairie de Kiev et du ministère de l’intérieur démissionnent. Maïdan est toujours là. C’est la démission du gouvernement qui est attendue voire celle du président.

Le 17 décembre 2013 le Président ukrainien signe un accord avec la Russie. La Russie octroie 15 milliards de dollars à l’Ukraine.

Maïdan continue.

L’AutoMaïdan, une initiative de la société civile dans plusieurs villes de l’Ukraine, prend de l’ampleur. Les manifestants en voitures rendent visite aux députés et hauts fonctionnaires pour faire entendre les réclamations de Maïdan.

Le 25 décembre 2013 Tetiana Chornovol, une journaliste et une des leaders du mouvement civil, a été sauvagement battue par des inconnus quand elle rentrait chez elle en voiture. Tetiana Chornovol est connue par ses enquêtes et ses publications sur les villas du Président, du procureur de l’Etat et d’autres hauts fonctionnaires.

Maïdan continue.

Le 16 janvier 2014 la Rada (le Parlement ukrainien) vote une liste de lois anticonstitutionnelles et répressives calquées sur le modèle russe et biélorusse. Maïdan dit « non » et exige l’abolition des lois.

Le 19 janvier 2014 les activistes de l’AutoMaïdan, lassés par le froid et l’inefficacité de l’opposition parlementaire, décident de manifester devant la Rada. Ils sont arrêtés par les forces spéciales qui bloquent l’accès au quartier administratif. Les membres du mouvement civil « Secteur Droit »* se joignent à eux.

Dans le contexte des tensions et de l’agressivité des forces spéciales, un conflit éclate. Les premiers cocktails Molotov sont lancés. Le Berkout répond avec des balles en caoutchouc, des jets d’eau par -5 à -7 degrés mais aussi avec des armes à feu.

Le résultat : 5 morts, des centaines de blessés que les hôpitaux refusent de traiter et remettent entre les mains de la police.

Les 21-22 janvier 2014 dans plusieurs régions les citoyens prennent sous contrôle les bâtiments administratifs.

La démission du Président est réclamée haut et fort. Le changement du système oligarchique-politique est exigé.

Les négociations entre le Président et les leaders de l’opposition parlementaire commencent.

Le gouvernement démissionne. Les lois répressives sont abolies.

En même temps, commencent les répressions contre les leaders du mouvement civil dans toute l’Ukraine. La police et les « tytoushki »** (les gangs des jeunes issus en partie des milieux criminels organisés également par la police) tabassent les manifestants à Dniepropetrovsk, Zaporijjia, Soumy.

Igor Loutsenko et Dmitriy Boulatov, deux leaders du mouvement civil sont kidnappés et torturés.

Les leaders des Maïdans dans d’autres régions sont kidnappés et agressés. Les manifestants, hommes, femmes, jeunes et vieux sont battus et arrêtés. Les tribunaux sous le talon du gouvernement attribuent deux mois de détention comme mesure de sûreté à l’encontre des manifestants.

Les membres de l’AutoMaïdan voient leurs permis annulés pour 6 mois pour avoir fait une sortie dans le village où habite le Président.

Lors de la conférence de Munich, le 1er février 2014, les trois leaders de l’opposition parlementaire demandent une médiation internationale lors des négociations.

Les négociations continuent.

Maïdan continue aussi.

Suivez la suite des événements sur nos fils rouges :

Fil rouge des événements en Ukraine – 18/19 février 2014

Fil rouge des événements en Ukraine – 20 février 2014

Fil rouge des événements en Ukraine – 21 février 2014

Fil rouge des événements en Ukraine – 22 février 2014


* « Secteur droit » est un mouvement civil organisé en novembre 2013 sur la base d’un autre mouvement « Tryzoub » qui existe depuis le début des années quatre-vingts dix. L’organisation base son idéologie sur celle de Stepan Bandera : l’Ukraine est au-delà de tout. Les membres du « Secteur droit » refusent le racisme : l’origine n’a pas d’importance : si le citoyen aide le mouvement dans ses actions (l’éducation du patriotisme, la promotion de la culture ukrainienne, les divers entraînements sportifs et aux combats inspirés par l’histoire de l’Ukraine) il est considéré comme congénère peu importe ses origines. Le mouvement n’a pas de vocation politique et se tient à l’écart des partis politiques. La protection des barricades est la mission principale au sein du Maïdan.

** Les hooligans soupçonnés d’être parrainés par le pouvoir ukrainien et la police pour intimider, disperser, agresser et attaquer les manifestants. Le nom vient de Vadim Titoushko, membre d’un club sportif qui a été arrêté pour l’agression contre les journalistes en mai 2013 (une peine avec sursis).

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+Share on LinkedInShare on TumblrEmail this to someone