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Quelques réflexions sur EuroMaïdan, l’importance d’une sortie de crise par les voies juridiquement acceptables et sur les escadrons de la mort, signe d’une véritable dictature. Pourquoi n’écoute-t-on jamais les intellectuels ? Si on les écoutait pourrait-on éviter un bain de sang au centre de l’Europe au XXIème siècle ?

/Article paru sur Oukraïnsky Tyzhden le 1er mars 2014/
/Traduit par Oksana Kantaruk Pierre/

Vlad Troitskyi, fondateur et directeur artistique du théâtre « Dakh »

Photo © Taras Bezpalyi, pour Oukraïnska Pravda

Photo © Taras Bezpalyi, pour Oukraïnska Pravda

En Ukraine, il y a une escalade intérieure et extérieure de la guerre. Cette situation profite à notre voisin nordique.

Maintenant il ne s’agit pas de la théorie du complot, c’est une simple logique, et une réalité cruelle. On a déclenché des mécanismes qu’il est très dur d’arrêter.

Le pire c’est que les autorités, ou plutôt Ianoukovitch ne comprend pas ce qui se passe dans le pays, il voit tout comme un dictateur effrayé. Il ne comprend même pas que chaque minute de cette escalade l’éloigne d’une issue normale. C’est vraiment triste, mais je prévois une escalade de la violence.

Mon seul espoir repose sur ces gens qui sortent à Maïdan, sur leur sagesse, leur courage et leur prudence. L’essentiel c’est l’organisation, la création des groupes de défense de Maïdan dans les quartiers, dans les rues, dans les immeubles, où il doit y avoir des jeunes hommes forts qui vous protégeront et iront combattre les titoushkis, ces animaux qui terrorisent les gens. Il ne faut surtout pas devenir comme eux, il ne faut pas les tuer même si ce sont de vrais escadrons de la mort qui savourent leur impunité.

Il est vrai que les autorités ne comprennent pas quel génie ils ont fait sortir de la lampe merveilleuse. Tous les gens de bonne volonté doivent se soutenir entre eux. Si vous n’avez pas la possibilité d’être à Maïdan, aidez par d’autres moyens, financiers, organisationnels en diffusant des informations. Il est important aussi de ne pas se focaliser sur les aspects négatifs, sur les protestations. Il faut également faire des projets pour l’avenir, créer des choses. C’est un peu contradictoire certes, mais c’est dans la confrontation des contradictions – la protestation et la création – qu’il est possible de trouver l’issue que je propose à moi-même, à mes acteurs et à tout le monde.

Taras Tchoubai, artiste, chanteur, groupe « Plach Eremii »

Photo © Orkin, sumno.com

Photo © Orkin, sumno.com

C’est très simple. Il y a un bon côté et un mauvais côté. Cela arrive parfois dans la vie. C’est un énorme test pour l’Ukraine. Et j’espère vraiment qu’elle le surmontera mieux que par le passé parce que l’histoire prend de nouveau un tournant terrible. Je pense que la meilleure stratégie pour tout le monde c’est de se tenir ensemble et faire tout son possible pour se battre pour la liberté et la dignité. Ceux qui peuvent diffuser des informations sur Internet, qu’ils le fassent ; ceux qui veulent faire plus, qu’ils fassent plus. L’essentiel c’est de ne pas rester indifférent. En ce qui concerne les titoushkis, du point de vue humain ma réaction est très compréhensible dans sa radicalité. Mais je pense qu’il faut revenir sur cette question après la victoire.

Myroslav Popovytch, philosophe

Photo © Taras Khimchak pour azh.com.ua

Photo © Taras Khimchak pour azh.com.ua

Encore la semaine dernière, avec Vyacheslav Brukhovetskiy nous avons proposé au président du parlement Rybak de voter l’Acte national de liberté avec une stratégie claire de sortie de crise. Mais après ces événements tragiques il n’est plus d’actualité. Quand le sang coule, pas de sortie possible. Actuellement, l’Ukraine prend la voie d’une dictature fasciste et non seulement à cause des actions de la police mais aussi à cause des titoushkis qui montrent à la société des solutions violentes pour chaque problème rencontré. Ce sont ces escadrons de la mort qui étaient un signe du fascisme dans les années 1930 en Allemagne avec leur force d’attaque. Bien sûr, après la victoire il faudra résoudre ce problème, le problème des gens qui ne sont intéressés que par la satisfaction des besoins primaires. Mais nous devons nous baser sur le postulat que « chaque crime doit être puni ». Surtout des crimes aussi hideux que celui des titoushkis.

Le problème le plus important c’est que pour sortir de la crise, il faut faire partir Ianoukovitch par des voies juridiquement légales. Et il n’y a qu’un seul moyen, ce sont les élections. Mais comment peut-on organiser une élection ouverte et transparente pour le monde entier dans des conditions pareilles ? La campagne des législatives a démontré que c’était impossible. Surtout si on nous fait mourir de faim sous les mitraillettes. Et cela paraît assez réel, si nous, les gens libres, tombons dans le désespoir. C’est pourquoi chacun doit exécuter son devoir de citoyen comme il le peut.


Source : tyzhden.ua

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