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/Traduit par Oksana Kantaruk Pierre/

Elections législatives en Ukraine

Le 26 octobre 2014 les ukrainiens éliront un nouveau parlement. Pour nos lecteurs, Chroniques ukrainiennes a préparé un petit résumé sur les partis qui se présentent et risquent de passer la barrière des 5%. Pour rappel, le système électoral ukrainien est mixte : les électeurs votent pour un parti mais aussi pour un candidat de leur circonscription.

Avant de passer aux listes et aux idéologies, il faut préciser que la grande tendance de ces élections consiste à inviter les activistes, les « commandos » des bataillons de bénévoles qui se battent dans l’Est du pays et les journalistes-enquêteurs œuvrant pour la liberté de la presse dans les listes.

Bloc Petro Porochenko

Le parti politique porte le nom du président ukrainien et est en tête des sondages. Vitalii Klitchko, un des leaders politiques de l’EuroMaïdan et le maire de Kyïv, est le numéro un. Cependant il a déclaré qu’il ne quitterait pas son poste à la mairie de la capitale. Sa présence dans la liste est purement nominale.

Yuriy Loutsenko, ex-ministre de l’intérieur sous Viktor Ioushtchenko, est resté presque deux ans en prison sous Viktor Ianoukovitch pour une affaire à moitié « tirée par les cheveux ». Il a quitté le parti de Yulia Timochenko pour avancer dans l’équipe du président actuel.

Olga Bogomolets, médecin et femme d’affaires, est connue pour son engagement pour les blessés des deux côtés, lors de Maïdan. Elle a refusé un poste au gouvernement actuel.

Volodymyr Groïsman, ancien maire de Vinnytsia, occupe le poste du vice-premier-ministre en charge du développement régional, du logement et des infrastructures publiques. Les médias le disent très proche du président actuel.

Moustafa Djemilev, le leader des Tatars de Crimée, est actuellement député du parlement. Il a quitté le parti de Yulia Timochenko pour rejoindre le parti du président.

La liste du Bloc Petro Porochenko compte également deux journalistes, Moustafa Nayem et Serhiy Lechtchenko, connus pour leurs enquêtes sur la fortune de « la famille » (l’ex-président Ianoukovitch et son entourage proche), leur engagement pour la liberté de l’expression et leur orientation pro-européenne. On note souvent que l’EuroMaïdan a commencé par le poste de Moustafa Nayem sur Facebook qui invitait les souscripteurs de sa page de le rejoindre à Maïdan à Kyïv après le refus de V.Ianoukovitch de signer l’accord d’association avec l’UE.

Yuliy Mamtchour est le colonel qui a refusé de se rendre aux « bonhommes verts » dans une des bases en Crimée. Il représente l’aile militaire du parti.

Jusque-là la liste du parti du président reste très respectable. Cependant quelques questions persistent quant aux circonscriptions : les médias reprochent au parti du président de « céder » certaines circonscriptions aux candidats ouvertement pro-russes, aux partisans de l’ancien régime.

« Batkivchtchyna » (« Patrie »)

« Batkivchtchyna » (« Patrie »), le parti de Yulia Timochenko, a toutes les chances d’arriver deuxième. Arsenii Iatseniuk, premier-ministre ukrainien, et Arsen Avakov, le ministre de l’intérieur, ainsi qu’un certain nombre de politiques ont quitté « Batkivchtchyna ».

Nadia Savtchenko est le numéro un de la liste. La femme-pilote a très peu de chance de prêter serment le même jour que les autres députés. Détenue en Russie, elle est accusée d’avoir assassiné deux journalistes russes dans la zone de l’opération antiterroriste.

Yulia Timochenko, numéro deux, a reconstruit son parti en procédant à une « lustration » interne et en invitant des activistes des différentes ONG à rejoindre les listes électorales.

Igor Loutsenko, membre du mouvement « Protégeons l’ancienne Kyïv » pour la préservation du centre historique de la capitale, a été un des leaders du secteur civil de l’EuroMaïdan. Sa personnalité a marqué la révolution : il a été enlevé et torturé lors des événements de l’hiver dernier.

La liste compte également de « parfaits inconnus » : les médias parlent notamment du numéro 6, Olena Shkrum, ancienne assistante des députés ukrainiens et canadiens, diplômée de Sordbonne et de Cambridge.

« Front Populaire »

Le parti est représenté par Oleksandr Tourtchynov, le président du parlement, Arsenii Yatseniuk, le premier ministre et Arsen Avakov, le ministre de l’intérieur.

Selon les médias ukrainiens, il s’agit d’un parti artificiel créé suite à l’annulation du pacte avec le président Porochenko. Yatseniuk et Porochenko ont essayé de négocier de rassembler « leurs troupes » pour cette course électorale, mais il y a eu plus de points divergents que de points communs.

L’aile « commandos » compte quelques chefs des bataillons de bénévoles : Yurii Bereza (« Dnepr-1 »), Konstanyin Mateytchenko (« Artemovsk »)…

« Le Front Populaire » a réussi à « séduire » la légende de l’EuroMaïdan : le cosaque Mykola Gavryliuk est devenu connu suite aux photos et aux vidéos sur lesquels on voit les Berkouts le torturer.

« Position citoyenne »

Anatolii Grytsenko, ex-ministre de défense, est le numéro un. Ancien partisan de Viktor Iouchtchenko, il a aussi été membre du parti « Batkivchtchyna ». Dans la première dizaine de sa liste, se présente Vasyl Gatsko, membre du partie « Alliance démocratique » qui a été très actif lors de l’EuroMaïdan.

Marina Solovieva est la représentante des ONG ukrainiennes à UNESCO depuis 2006 et se présente dans la liste de « Position citoyenne ».

« Samopomitch » (« Auto-assistance »)

Un nouveau parti fondé par le maire de Lviv, Andrii Sadovyi est déjà présenté au conseil municipal de Kyïv.

Hanna Hopko, co-fondatrice de la plateforme « Les réformes de réanimation », activiste de l’EuroMaïdan, activiste du mouvement pour la défense de fumer dans les lieux publics, est le numéro un de la liste de « Samopomitch ». Une interview avec Hanna Hopko a été traduite par Chroniques ukrainiennes (voir le lien).

Igor Sobolev, membre du parti « Volya », activiste de l’EuroMaïdan, a œuvré pour que la loi dite de « lustration » soit votée.

Semen Sementchenko, le chef du bataillon « Donbass », est connu pour avoir créé le bataillon « Donbass ». Il se présente comme un ancien entrepreneur de Donetsk qui a été obligé de devenir soldat pour défendre sa région et son pays.

Andriy Sadovyi, le maire de Lviv, ne veut pas quitter son poste et donc se présente sous numéro 50. Les autres membres du parti sont beaucoup moins médiatisés. Il s’agit principalement des entrepreneurs du secteur de l’IT.

« Le parti radical d’Oleg Liachko »

Oleg Liachko est un personnage populiste mais qui a néanmoins une côte assez élevée. Il est arrivé troisième aux présidentielles. Le chef du bataillon « Aidar » est le numéro 3 dans sa liste tandis que sous le numéro 4 on trouve Inna Bordiug, connu comme Zlata Ognievytch, chanteuse qui a participé à l’Eurovision.

Les médias dénoncent les liens du « Parti  Radical d’Oleg Liachko » avec A. Liovotchkine, ancien directeur du cabinet de Ianoukovitch.

« Svoboda »

Le parti de droite connu pour de nombreux scandales au parlement, présente les candidats qui sont déjà députés : Oleg Tiahnybok, le leader du parti, Bogdan Beniuk, acteur connu, Igor Mirochnytchenko (avec Benuk ont agressé l’ancien directeur de la chaîne publique ukrainienne).

Les journalistes indiquent que le parti est financé par un représentant des cercles mafieux…

« Secteur Droit »

Dmytro Yarosh, le leader du « Secteur Droit », a accordé une de ses premières interviews l’hiver dernier. Presque tous les membres du parti sont membres de l’organisation « Tryzoub » (voir le lien).

Olena Bilozerska, une bloggeuse-photographe, fait partie de la liste ; ses photos de l’opération antiterroriste sont reprises par de nombreux médias. Le chef de la brigade 93 est dans la liste (c’est avec la brigade 93 que le « Secteur Droit » se battent pour l’aéroport de Donetsk).

Le Parti des Régions, le parti de l’ex-président Inoukovitch, ne participe pas à cette élection. Cependant de nombreux anciens membres se présentent dans des circonscriptions différentes et d’autres ont créé deux partis : « l’Ukraine Forte » de Serguiy Tiguipko et « Le bloc de l’opposition » qui comptent des personnages odieux et corrompus de l’ancien régime.

L’aile gauche est traditionnellement représentée par les communistes. Mais au vue de « Leninopad » (ndt. la chute subite des statuts de Lénine) qui a touché l’Ukraine ces derniers mois, les communistes ont perdu la cote.


Sources : lb.ua, Zerkalo Nedeli, hromadske.tv, les pages Facebook de Hanna Hopko, de Moustafa Nayem…

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